Une histoire d'eau :

de la villa gallo-romaine

au

centre hydrotherapique


La première évocation du château apparaît dans les archives en 1159 sous le nom de villa Sancti Desiderii - villa de Saint-Didier.


C'est autour de l'an 1500 que la demeure seigneuriale, érigée sur les fondations d'une villa gallo-romaine, commence à se développer sous l'impulsion des Marquis de Thézan-Vénasque qui investissent les lieux, les transforment et agrandissent l'habitat d'origine qui devient peu à peu un Castrum.


Résidence principale de cette illustre famille à partir de 1545, le Château qui se déploie en bordure du village de Saint-Didier adopte l'allure d'une belle demeure de la Renaissance.


A l'époque moderne, Louis de Thézan, élu de la noblesse contadine en 1660, et son fils Paul-Aldonce-François, se sont particulièrement impliqués dans de grands travaux de modernisation, amplifiant le prestige de l'ancienne demeure de la Renaissance.

L’édifice est considérablement agrandi par la construction d'un bâtiment érigé sur les vestiges des anciens remparts.

Le projet adopte alors l'apparence d'un bâtiment flanqué de deux ailes en retour, reliées par une vaste terrasse, typique des constructions classiques du XVII° siècle.

Plusieurs pièces d'apparat sont aménagées dans ces ailes et décorées avec faste.

Une autre transformation, fondamentale dans l'histoire du Château, est le changement de l'axe d'entrée opéré à cette époque. L'entrée principale, préalablement au Sud en direction du village voisin du Beaucet, est désormais orientée vers la tour fortifiée de Saint-Didier.

Ce changement va de pair avec l'aménagement au Midi d'un véritable jardin clos.

De par sa structure, son organisation et sa disposition régulière, caractéristiques d'un Jardin à la française, son dessin est parfois attribué à André Le Nôtre qui officiait alors dans la région.


En 1809, l'ensemble des biens est vendu aux enchères à la suite du décès de la dernière Marquise de Thézan, disparue sans descendance.

Sa nièce, Olympe de La Baume-Suze acquiert le Domaine. Elle le revendra dès 1814 à Louis, Marquis Pelletier de Gigondas de La Garde.


Le Marquis, habitué à un train de vie fastueux, entreprend à grands frais des travaux de décoration et de confort afin de redonner au Château tout son lustre. Ces réceptions feront la renommée de Thézan au delà des frontières régionales.

Son fils Henri lui succède et poursuit les embellissements. On lui doit la transformation de la façade méridionale dans un style néo-médieval à la mode, lui conférant un charme romantique. C'est à cette époque qu'on donna au Jardin à la française des allures de Parc à l'anglaise. Ruiné par un train de vie dispendieux, il se voit contraint de vendre le château en 1862.


C'est Adolphe Masson, médecin de Carpentras, qui le rachète pour y établir un centre de soins hydrothérapiques. De nombreuses chambres et salles de soins sont créées et les pièces remarquables sont agrémentées de nouveaux décors.

A son décès, son gendre, le Docteur Masquin lui succède à la tête de l'Etablissement. Il ne manque pas d'ajouter aux mérites médicaux du centre de soins le plaisir des loisirs mondains. Les "bains" sont d'ailleurs modernisés pour le plus grand plaisir des curistes, attirant une clientèle de plus en plus aisée.

Tout au long du XX° siècle, le centre hydrothérapique poursuit son activité. Sa réputation ne faiblit pas. Progressivement transformé en clinique de repos et de soins des maladies nerveuses, cette dernière fermera ses portes à la fin des années 80 pour être déplacée dans un bâtiment plus contemporain, d'ailleurs toujours en activité à Saint-Didier.


Peu à peu, le Château et son Jardin tombent à l'abandon.


Ayant subi les outrages du temps et des actes de vandalisme, la propriété est dans un réel état critique lorsque nous nous en portons acquéreurs en Avril 2019.

Depuis lors, nous travaillons à redonner à l'ensemble sa splendeur afin de pouvoir partager ce joyau de Provence avec le public, les habitants du village de Saint-Didier et des alentours, mais aussi avec les voyageurs et autres passionnés qui s'intéressent au réveil de la belle endormie du Comtat Venaissin.


L'ouverture des extérieurs, Cour d'Honneur et Parc, à compter de juin 2022 est la première étape d'un projet ambitieux de réhabilitation du Château de Thézan.

Nous espérons que prochainement, la découverte des Intérieurs, en pleine restauration, vous permettra de compléter le parcours de visite.